Other side, Break












//Installation sonore, 2007 Crée avec le soutien d' Artois Comm, de la Ville de Béthune et d'[ars] Numerica (Montbeliard)

Cette installation, reprend, détourne, des gestes, des techniques, des matériaux utilisés par les Dj’s. « Elle a pour point de départ le « break ». A la fois, comme référence musicale, au travers du « breakbeat », élément premier du rap qui consiste à extraire et répéter en rythme, de minuscules portions d’un disque et comme « technique retenue pour cette installation – « to break », entendu alors dans un sens presque littéral, qui signifie « rompre » mais aussi « couper », « trancher»»*

Nous avons donc découpé, des centaines de disques vinyles, pour la plupart issus de notre collection personnelle.

Nous les avons ensuite juxtaposé, de manière à créer deux lignes sinueuses : deux circuits. Des disques identiques ont été utilisés d’un circuit à l’autre, mais pas obligatoirement les mêmes fragments, ou les mêmes faces. Chaque circuit est parcouru par un véhicule équipé d’un saphir qui restitue le son des microsillons. Les véhi­cules passent d’un fragment de disque à l’autre, sautent d’un sillon à l’autre. Au gré de leurs déplacements, ils « mixent » une composition stéréophonique. La musique est dépliée dans l’espace et dans le temps.

Des voix, des rythmes, des mouvements, des noms rivalisent, se répètent, se répondent, se retournent dans cette composition à la fois musicale et plastique.

* Christophe Kihm, Beats and pieces, Cléa Coudsi &Eric Herbin / Other side, édition La Pomme à Tout Faire, 2007, p15


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Bien des choses






//Installation sonore interactive, 2006
Production, le Fresnoy, Studio national des arts contemporains
Composition sonore réalisée avec l’aide de David Trescos


Bien des choses est une installation interactive, comprenant 96 parties : 96 cartes postales, 96 moments vécus et retranscrits. Les cartes postales sont visibles du côté texte. Des graphies pointues, des fautes d’orthographe, des écritures maladroites ou emphatiques de soldats, d’estivants, d’excursionnistes et de visiteurs se juxtaposent.
Le spectateur a la possibilité de les tourner et ainsi de découvrir les images situées à leur dos. Ce faisant, il déclenche l’émission d’une courte bande sonore. Si plusieurs sont «ouvertes», diverses bandes sonores sont diffusées simultanément à la manière d’un kaléidoscope.
Des bribes de phrases, des commentaires comme suspendus.Des événements heureux, malheureux ou neutres, des formules banales, pudiques, tout à la fois calmes et passionnées, le passé, le présent et l’avenir sont là condensés cristallisés.
Ce qui m’intéresse depuis longtemps : le temps quotidien des hommes, un temps rassemblé, un temps sensible. Mais aussi un espace organisé comme l’est la mémoire.


Installation réalisée avec l’aide de Sandrine Chiri, Francis Bras et Manuel Andres.

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"Ouverture pour un jour de fête"







// Installation sonore, 2004-2006
Réalisée avec le soutien de Transcultures (Belgique)




Des cris bamanans, français, arabes, chinois sont émis de différents lecteurs Cd transportables. Ces cris sont des appels à acheter. Ils ont pour but d’attirer les clients et, en quelque sorte, d’étendre l’espace du stand. Ils marquent un territoire où le marchand définit son propre espace, en concurrence avec celui des autres.
Les déclamations s’entrecroisent, se répondent s’affrontent, se recouvrent, ne cessent de mettre en scène la distance critique qui les sépare. Elles délimitent à leur façon l’étendu du «coin de trottoir» de chacun. Chaque cri nous parvient avec la modulation qui lui est propre. En quelque sorte, « des récitatifs sont déclamés » dans la rue. Ces récitatifs ont une origine lointaine, mais ils permettent la fantaisie et l’invention et chaque marchand peut introduire des variantes personnelles.
Ces cris sont apparentés à ceux qui, au 15ème siècle, inspiraient déjà Janequin quand il composait une série de chants qu’il intitulait Les Cris de Paris.
Ils nous rattachent directement au souvenir d’un passé que l’on croyait révolu. Quelque chose s’est transmis de génération en génération à l’intérieur du même corps de métier dans le vent, les bruits, les couleurs et les odeurs des rues. « Musique de la foule qui est plutôt un langage qu’une musique» écrit Proust dans La Prisonnière.
Faisant entendre des cris de partout, l’installation transforme le territoire sonore qu’elle détermine en un marché planétaire, où sont réunis dans le même espace divers pays et diverses langues. L’étalage de postes radios différents n’est pas sans nous rappeler les immenses marchés qui fleurissent en Afrique (par exemple à Alaba), où s’échangent en quantité des objets électroménagers pour la plupart récupérés dans les pays riches. Ces postes sont aussi là pour nous signifier la circulation intense des marchands et des populations en même temps que celle des marchandises du monde actuel. Ils évoquent une ville, un marché ou une carte géographique vus du ciel, des motifs territoriaux, des visages rythmiques, des paysages mélodiques.

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