// Installation sonore, 2004-2006, Réalisée avec le soutien de Transcultures (Belgique)
Des cris bamanans, français, arabes, chinois sont émis de différents lecteurs Cd transportables. Ces cris sont des appels à acheter. Ils ont pour but d’attirer les clients et, en quelque sorte, d’étendre l’espace du stand. Ils marquent un territoire où le marchand définit son propre espace, en concurrence avec celui des autres.
Les déclamations s’entrecroisent, se répondent s’affrontent, se recouvrent, ne cessent de mettre en scène la distance critique qui les sépare. Elles délimitent à leur façon l’étendu du «coin de trottoir» de chacun. Chaque cri nous parvient avec la modulation qui lui est propre. En quelque sorte, « des récitatifs sont déclamés » dans la rue. Ces récitatifs ont une origine lointaine, mais ils permettent la fantaisie et l’invention et chaque marchand peut introduire des variantes personnelles.
Ces cris sont apparentés à ceux qui, au 15ème siècle, inspiraient déjà Janequin quand il composait une série de chants qu’il intitulait Les Cris de Paris.
Ils nous rattachent directement au souvenir d’un passé que l’on croyait révolu. Quelque chose s’est transmis de génération en génération à l’intérieur du même corps de métier dans le vent, les bruits, les couleurs et les odeurs des rues. « Musique de la foule qui est plutôt un langage qu’une musique» écrit Proust dans La Prisonnière.
Faisant entendre des cris de partout, l’installation transforme le territoire sonore qu’elle détermine en un marché planétaire, où sont réunis dans le même espace divers pays et diverses langues. L’étalage de postes radios différents n’est pas sans nous rappeler les immenses marchés qui fleurissent en Afrique (par exemple à Alaba), où s’échangent en quantité des objets électroménagers pour la plupart récupérés dans les pays riches. Ces postes sont aussi là pour nous signifier la circulation intense des marchands et des populations en même temps que celle des marchandises du monde actuel. Ils évoquent une ville, un marché ou une carte géographique vus du ciel, des motifs territoriaux, des visages rythmiques, des paysages mélodiques.
Des cris bamanans, français, arabes, chinois sont émis de différents lecteurs Cd transportables. Ces cris sont des appels à acheter. Ils ont pour but d’attirer les clients et, en quelque sorte, d’étendre l’espace du stand. Ils marquent un territoire où le marchand définit son propre espace, en concurrence avec celui des autres.
Les déclamations s’entrecroisent, se répondent s’affrontent, se recouvrent, ne cessent de mettre en scène la distance critique qui les sépare. Elles délimitent à leur façon l’étendu du «coin de trottoir» de chacun. Chaque cri nous parvient avec la modulation qui lui est propre. En quelque sorte, « des récitatifs sont déclamés » dans la rue. Ces récitatifs ont une origine lointaine, mais ils permettent la fantaisie et l’invention et chaque marchand peut introduire des variantes personnelles.
Ces cris sont apparentés à ceux qui, au 15ème siècle, inspiraient déjà Janequin quand il composait une série de chants qu’il intitulait Les Cris de Paris.
Ils nous rattachent directement au souvenir d’un passé que l’on croyait révolu. Quelque chose s’est transmis de génération en génération à l’intérieur du même corps de métier dans le vent, les bruits, les couleurs et les odeurs des rues. « Musique de la foule qui est plutôt un langage qu’une musique» écrit Proust dans La Prisonnière.
Faisant entendre des cris de partout, l’installation transforme le territoire sonore qu’elle détermine en un marché planétaire, où sont réunis dans le même espace divers pays et diverses langues. L’étalage de postes radios différents n’est pas sans nous rappeler les immenses marchés qui fleurissent en Afrique (par exemple à Alaba), où s’échangent en quantité des objets électroménagers pour la plupart récupérés dans les pays riches. Ces postes sont aussi là pour nous signifier la circulation intense des marchands et des populations en même temps que celle des marchandises du monde actuel. Ils évoquent une ville, un marché ou une carte géographique vus du ciel, des motifs territoriaux, des visages rythmiques, des paysages mélodiques.
EXTRAIT VIDEO :
